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Rencontre avec Moth Frequency

À l’occasion du concert du mythique groupe de noise française, Sister Iodine, le 21 Janvier à la salle Jean Carmet d’Allonnes, nous avons rencontré Julien et Olivier les 2 membres fondateurs de l’association Moth Frequency qui organise le concert. Discussion enragée autour de l’orga de concerts, de la venue de Sister Iodine, du gangsta doom, mais aussi de bières et de perriers, humid january obligent.

Bonsoir les gars, alors commencez par nous présenter Moth Frequency. Comment l’asso est-elle née ?

O: On est Julien et Olivier, membres fondateurs de Moth Frequency depuis 4 ans. Moth Frequency c’est une asso qui organise de concerts.

Ça part d’une blague, on avait pas forcément d’expérience associative ni dans le milieu artistique.

J: J’ai quand mème été président de l’Association des Parents d’élèves de l’école de mes enfants..

O: On se connaissait un petit peu et on s’est vite retrouvés à parler de musique, on se retrouvait à quelques soirées, quelques concerts. Et en discutant lors des dernières soirées qu’on a passé ensemble, on se disait qu’on trouvait pas forcément totalement notre compte dans la prog de musique extrême qu’on apprécie tous les 2. Donc on s’est dits pourquoi on essaierait pas de faire venir des groupes qu’on aimerait voir et qui ne sont pas programmés.

J: De mon côté, j’avais pas mal d’amis qui avaient des orgas de concerts à Paris et je me suis dit, si ces gars peuvent le faire, ça doit être possible.

O: Y avait aussi une envie de s’investir dans l’associatif, dans le milieu culturel, d’apporter un peu notre pierre à l’édifice à la vie culturelle de la ville.

J: On est pas musiciens. Souvent les assos, les orgas ce sont des musiciens qui les font pour faire tourner leur groupe ou ceux d’ami.e.s. Nous on est partis un peu têtes bêches. On a eu aussi des gens qui nous ont fait confiance alors qu’on n’était pas bien identifié, notamment Olivier Bequignon du lézard. Il savait pas trop qui on était, on est venus le voir plusieurs fois et puis il a fini par nous faire confiance pour la première.

O: C’est vrai que c’est grâce a lui. On a pu faire notre premier concert dans le bar le plus identifié musique extrême de la ville.

La musique extrême, c’est une dénomination assez large, mais quels genres de mélomanes extrêmes êtes-vous ?

J: Ça peut aller du métal à la noise. Moi je viens plutôt dans le monde de la noise depuis mes années fac. Le black je ne connaissais pas beaucoup mais quand tu mets le doigt dedans tu te rends compte que c’est hyper riche avec plein de styles différents. Y a un côté punk dans le métal, une idée jusqueboutiste que j’aime bien. Olivier lui a plus une culture métal.

O: Oui au sens large. J’aime beaucoup le côté expérimental, ce qu’on peut appeler le post-métal. C’est une musique qui part d’un style traditionnel métal mais avec des sonorités modernes et évolutives. Mais le point commun avec Julien c’est la noise ou l’indus. Finalement, chacun apporte un axe bien différent.

J: Et au final ça correspond bien à l’univers musical hétéroclite des groupes qui ont joué avec Moth Frequency, de Pneu à Hexis.

Revenons sur le parcours de l’asso et sur le premier concert, comment ça s’est déroulé ?

O: C’était Sycomore, un power trio de copains, du sludge (NDLR: métal bien lourd) au lézard donc, en avril 2019, avant le covid.

Avant le confinement et cette coupure on a eu le temps de faire 5 concerts dans différents lieux ce qui nous a lancé.

Affiche du premier concert organisé par Moth Frequency. Realisée par Aurélien Police

Oui je me rappelle d’un concert à l’espace provisoire en Zone Nord à cette époque ?

J: On avait vu gros ! On était passés par un booker, il y avait 3 groupes, 2 expos, une projection, ça nous avait coûté une blinde. L’espace pro c’est grand et c’est pas facile à sonoriser. On y est allés comme des néophytes sans ingé son en trouvant le matos à droite à gauche.

O: Finalement ça s’est bien déroulé mais on a compris que c’était un peu trop gros pour notre petite expérience.

Et puis c’est à cette soirée qu’on a rencontré Nico du Garage 5 qui nous a filé un coup de mains et par la suite très vite ouvert la porte du garage.

J: Et c’était le soir des 20 ans du lézard… pas idéal pour espérer faire venir du monde.

C’est à partir de là que vous avez fait des concerts au garage 5 ?

O: Oui notre première date là-bas ça avait été Hippie Diktat. On était en plein covid, on avait dû limiter la jauge, les gens portaient des masques, c’était une ambiance particulière mais une très bonne ambiance.

J: C’était cool y avait une super écoute ce soir là.

Il y aussi eu un autre évènement important dans la vie de l’asso, c’est votre participation à Le Mans Sonore en Janvier dernier ?

O: On avait été super honorés après 3 ans d’existence d’avoir eu l’opportunité de participer à Le Mans Sonore. On avait organisé plusieurs évènement autour du drone en collaboration avec des universitaires, Aurélien Ruellet qu’on peut citer, le LAUM (NDLR: Laboratoire d’Acoustique Le Mans Université), des artistes.

J: L’intitulé c’était DroneZone, une étude du bourdon à travers un spectre physique, philosophique, musicale et historique. Y avait eu par exemple un set électro de Simon Carbonnel, aka Aune, à partir d’enregistrements de sons d’abeilles, une conférence de Catherine Guesde et on avait fini avec un concert de musique drone avec Solinca et Richard Comte à la MJC Prévert.

Vous avez donc fait tourner des groupes dans pas mal de lieux du Mans puisqu’il y a eu aussi des concerts à la BSD, aux docks. Y a t-il d’autres lieux dans lesquels vous aimeriez organiser des concerts ?

J: C’est clair qu’il manque une salle intermédiaire dans le centre ou des groupes plus gros puissent passer. C’est dommage parce qu’avec le Mans Sonore qui est quand même un évènement censé faire rayonner la ville à travers la musique il faudrait que la musique puisse aussi vivre en dehors de cet évènement mais il faut des lieux qui permettent ça.

Je rêverais aussi de faire des concerts de doom ou de drone à la chapelle de l’Oratoire ou dans la collégiale Saint-Pierre. On s’était renseignés mais y a des difficultés par rapport à la protection du lieu. Ailleurs ça se fait, il y a par exemple le festival Ex Tenebris Lux (https://whatthefest.com/index.php/ex-tenebris-lux/) à Montpellier, où ils investissent une chapelle pour des musiques extrêmes ce qui donne une super ambiance.

O: Y a aussi l’église Saint-Merry à Paris où ont joué Amenra ou Merzbow.

J: C’est une église pas désacralisée qui accueille le Sonic Protest.

Y a aussi le Scarron qui est de plus en plus utilisé pour des concerts. Ce serait bien que ça se confirme.

O: Mais en terme de nouveaux lieux pour Moth Frequency, on a quand même la chance d’avoir à disposition la salle Jean Carmet pour le concert du 21 Janvier.

On en vient justement au concert du 21 janvier. Que va t-il se passer ce soir ?

J: Il y a le meilleur groupe de noise de tous les temps, Sister Iodine !

C’est génial parce que quand on a monté l’asso on avait fait une liste de groupes idéaux qu’on aimerait faire tourner et Sister Iodine était dans le haut de la liste.

Julien, tu as l’air d’être un grand fan, on te laisse nous présenter le groupe.

J: C’est un groupe qui a sorti son premier album en 94. Ils faisaient partie de la scène noise de l’époque avec des groupes comme Bästard, Prohibition, Ulan Bator qui faisaient un rock noise très expé et il y avait les darons, Sister Iodine, qui étaient le niveau au dessus dans l’expérimental. Ils ont pas fait énormément d’albums et peu de concerts, y a eu beaucoup de temps de pause mais ils se retrouvent de temps en temps.

O: Je fais un parallèle un peu avec Swans, un groupe culte des années 90 qui s’est assez rapidement mis en hiatus et qui sont revenus mais pour quelque chose, pas juste pour dire on fait tourner la machine, avec de vrais compos.

J: C’est ça pour Sister Iodine, quand ils jouent c’est pas pour faire des tournées c’est pour une expérience sonore et artistique.

Quel enthousiasme ! Vous avez déjà eu la chance de les voir en concert ?

J: Je les ai vus une fois pour la Villette Sonique, et ils m’avaient retourné le cerveau. Ça ressemblait à rien de connu, un son venu de nulle part avec une puissance sans nom. Ils arrivent à créer un chaos sonore d’une brutalité incroyable et en même temps avec une maîtrise absolue de leur art, de leur instrument. C’est à la fois expérimental et prenant, physique, tu te prends une masse sonore et tu te fonds là dedans, c’est à vivre en live.

O: Je les ai jamais vu mais j’ai pu voir Lionel Fernandez le guitariste avec son projet solo Contumace qui avait joué au garage puis qu’on a fait venir il y a 2 mois au lézard, c’était impressionnant, le gars fait corps avec son instrument, ça donne envie de les voir tous les 3.

C’est donc quand Lionel Fernandez est passé au garage 5 que vous avez mis ce concert en place ?

O: Oui, c’est ça qui est bien, de rencontrer des artistes, si ça se passe bien ensuite ça amène à d’autres projets, à d’autres connaissances, ça permet d’innover et d’organiser ce genre de concert.

J: Ça s’est fait ce jour là, on est direct allés le voir et il a accepté. Par contre il a fallu trouver une salle parce qu’on pouvait pas faire venir Sister Iodine au garage ou dans un bar. C’est donc comme ça qu’on a contacté Superforma.

O: C’est Maxime (Meunier) de l’Excelsior, un grand fan de musique, de rock en particulier, qui a porté l’idée au sein de Superforma et qui nous a bien aidé.

J: Ils ont accepté, on devait faire ça initialement à la péniche mais elle est finalement en révision on passe donc à la salle Jean Carmet en configuration petite jauge.

Ce qui est cool aussi c’est que Sister Iodine va sortir un album en février mars et ça va être la première date où ils jouent les morceaux de l’album.

Et donc la première partie contrairement à ce que la coquille du bidul indique ne sera pas Gangsta Doom, mais sera bien du gangsta doom joué par Chaos E.T. Sexual. Pouvez-vous nous en dire plus?

J: Oui « gangsta doom » c’est un style inventé, c’est un mélange de dub, d’indus, de métal.

O: C’est vachement original ce qu’ils font.

Un petit mot sur la belle affiche ?

O: Elle a été faite par Maxime (Bachoffer), un ancien de l’asso, qui est parti à Rennes aujourd’hui et qui nous aura bien aidé, un touche à tout, images, visuel, sur la technique aussi. On embrasse aussi Thibault qui faisait partie de l’asso l’année dernière et qui est aujourd’hui à Toulouse.

Et après ce concert vous avez d’autres évènements prévus cette année ?

O: On a quelques dates de prévues au lézard et à la BSD, affaire à suivre.

Dernière question, quelle est la fréquence de la motte ?

666.72 Hz

Un dry January qui s’éteint, c’est une bière qui s’éveille

Pour plus d’infos sur le concert:

Sister Iodine + Chaos E.T. Sexual

21 Janvier, Ouverture des portes vers 20h

Salle Jean Carmet, 5 bd d’Anjou, Allonnes

Billets en prévente sur: superforma.fr/agenda/sister-iodine-chaos-et-sexual-carte-blanche-moth-frequency

7 euros avec la carte Superforma, 13 euros plein tarif

Evènement fb: https://fb.me/e/6XSdtOP7f

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